Shani Diluka, née en 1976 à Monaco, est pianiste, l’une des plus grandes de sa génération. Elle fut révélée, dès sa petite-enfance, pour ses prédispositions hors du commun, grâce à un programme initié par S.A.S. la Princesse Grace de Monaco. De parents Sri Lankais, corps et âme elle incarne un dialogue entre l’Orient et l’Occident, sa quête spirituelle et esthétique, sa respiration. La musique, universelle, demeure sa réponse à son identité multiple. Après des résultats d’excellence à l’Académie Prince-Rainier III, elle reçoit les enseignement reçus au CNSMD de Paris (premier Prix à l’unanimité et 3e cycle de soliste), à l’Académie internationale de piano du lac de Côme, présidée par Martha Argerich. Partageant le riche héritage reçu d’Alfred Brendel, de Murray Perahia, d’Elisabeth Leonskaja, de Leon Fleisher, de Maria Joao Pires ou du Quatuor Alban Berg, pour ne citer qu’eux, avec les nouvelles générations, elle est soliste invitée des plus prestigieux orchestres (comme l’Orchestre de Chambre de Paris, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Sinfonia Varsovia, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, l’Orchestre Royal de Suède). Invitée des grandes salles, en France comme à l’étranger, elle se produit au Wigmore Hall de Londres, au Théâtre des Champs Elysées, à la Salle Pleyel, au Konzerthaus de Vienne, au Mozarteum de Salzbourg, au Festival de Verbier, etc. Son parcours se nourrit de collaborations avec de grands solistes telle Natalie Dessay, des compositeurs tel Bruno Montovani. Passionnée de musique de chambre, Shani Diluka est aussi la partenaire régulière d’ensembles de renom tels que les quatuors Ébène, Ysaÿe, Modigliani. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont Canopées (2018), Les silences de Schubert (2022), Du spirituel dans l’Art et dans la Musique en particulier (2026) aux éditions Art 3 Galerie Plessis. En 2020, Shani Diluka devient artiste exclusive au sein de la maison de disque Warner Classics et enregistre son disque Cosmos : Beethoven & Indian Ragas. Fin 2021, sort The Proust Album pour le centenaire de l’écrivain Marcel Proust célébré en 2022, l’année suivante l’album Pulse, consacré à la musique des grands compositeurs minimalistes américains. En 2025, sort Renaissance, célébrant la musique italienne et à la musique élisabéthaine.
Laurine Rousselet : Grâce à vos interprétations virtuoses, chère Shani, notre propre intériorité nous est rendue sensible, la vie se réalisant à travers l’imagination, les « images » se trouvant dans l’immédiateté d’un « ici ». Vos parents sont Sri Lankais, bouddhistes. Vous êtes née à Monaco dont le catholicisme est la religion officielle de la principauté. Comment avez-vous découvert l’Orient en Occident ? Comment l’avez-vous fait fleurir ? Comment êtes-vous devenue l’événement du dialogue ?
Shani Diluka : C’est une longue quête, au départ perdue entre deux mondes très contrastés et paradoxaux. Monaco m’a donné la chance de la musique et la découverte d’une culture immense, celle des Ballets russes, de la musique classique ou du théâtre.
L’Orient était ce que représentaient le Sri Lanka et l’Inde : un rapport au monde, au silence, à la méditation, à l’humain et à la nature.
Les compositeurs tels que Beethoven, Schubert ou Bach m’ont montré que les deux ensemble étaient possibles. Je suis devenue l’addition des deux et non une soustraction.
La musique a été la réponse à la quête d’identité et au contraire ce fut une richesse immense de voir le monde et celui de l’art sous des angles différents.
L.R. : À vous écouter profondément, avec les couleurs libérées plus que les notes, vous êtes synesthésique, c’est autant la vie de l’instinct que celle de l’esprit qui émerge, en une liberté extraordinaire. Comment pourriez-vous définir l’instinct qui joue sur vos phrasés de l’être ? Comment jaillit-il ? Comment faire alliance ?
S.D. : L’instinct est au-dessus de l’intelligence mais l’intelligence nourrit ensuite l’instinct. Pour reprendre l’idée de Proust.
Je pense qu’il faut savoir être disponible avant tout, l’esprit et le cœur ouverts. Cela engage une liberté de penser ou de ressentir qui vient avec un travail profond sur soi, d’abolir l’ego, les préjugés et surtout avoir de l’humilité face aux choses et ainsi jaillit de ce terreau l’instinct.
L.R. : Vous dites que vous aimeriez être « un fleuve », par extension « la mer ». Impossible pour vous de vous immobiliser dans le statut d’une substance particulière (ou de plusieurs en chaîne), comme affranchie de toute servitude. Comment « la mer » vous aide-t-elle à atteindre un au-delà invisible ?
S.D. : Qu’est-ce que la mer qui est au bout du fleuve ? L’éternité ? La mort ? Le huitième jour de la semaine de Christian Bobin ?
C’est un mouvement irrésistible qui vous emmène à la mer. C’est un mystère que l’on cherche à comprendre. Quel est ce courant qui nous y emmène ? Quels sont les remous qui parfois ralentissent la cadence ?
La mer est certainement cette foi intérieure, la conscience que la vie est éphémère et que l’on voit au loin cet horizon qui nous rappelle l’humilité et l’éphémère de nos vies.
L.R. : En grande aventurière de l’âme que vous êtes, vous vous jetez dans le réel. Comment être le passage par où tout circule ? Le réceptacle du mystère de la création ? Comment assistez-vous à la naissance des « images », assise, ici ou là, sur un piano ?
S.D. : Vous parlez là du mystère de la création. Il est le fruit de tant de choses. Nos enfances, nos rêves, nos silences, nos blessures… ces états d’âme nous rendent créateurs et parfois ces créations jaillissent plus fort qu’une simple nécessité.
Elles sont fulgurantes, changeantes selon l’état, le moment, elles naissent d’ici et d’ailleurs.
Pour ma part, la partition est un terreau et un socle infini et unique pour l’expression de soi allié à l’universel.
L.R. : Selon vous, qu’autorise, seule, la foi ?
S.D. : La foi est une clairière vaste qui ne demande qu’à devenir une plaine et une forêt, pour atteindre enfin les montagnes et le ciel. Elle autorise à trouver non seulement sa vérité mais celle qui regarde les autres, qui permet de ne jamais renoncer à comprendre. Elle ne doit jamais enfermer mais élargir le paysage vers l’infini.
L.R. : Comment traduiriez-vous avec le cœur ces trois phrases d’Etel Adnan : « La musique, comme manifestation de la splendeur, a duré toute la nuit. De nouvelles tensions entretiennent les phénomènes cosmiques. Tous, nous devenons « divinités », comme la matière avant nous. »
S.D. : Ces phrases d’Etel Adnan me touchent profondément parce qu’elles relient la musique à quelque chose de cosmique, presque originel.
« La musique, comme manifestation de la splendeur, a duré toute la nuit » — c’est exactement cela : la musique dépasse le temps humain. Elle s’inscrit dans une durée qui n’est plus la nôtre, elle devient une expérience presque absolue, où l’on perd la notion de début et de fin.
Les « tensions » dont elle parle me font penser à ces forces invisibles qui traversent la musique — les dissonances, les respirations, les élans — et qui sont comme des échos de mouvements universels.
Et cette idée que nous devenons « divinités » comme la matière avant nous… je la comprends comme un moment d’unité. Lorsque l’on est profondément en musique, il n’y a plus de séparation entre soi, le son, le monde. On retrouve quelque chose de premier, de presque sacré.
C’est une élévation.
L.R. : Enfant, vous avez découvert le chant choral grâce à l’œuvre de Benjamin Britten. Que vous a-t-il fait toucher, plus qu’écouter ?
S.D. : Britten savait exactement composer pour les enfants, avec grande profondeur et rigueur. Non seulement sa musique était belle mais complexe, elle demandait de nous de l’exigence.
C’est une musique qui nous tire vers le haut. Les enfants peuvent aller bien au-delà des comptines. J’ai senti une grande spiritualité liée à l’enfance, les voix pures qui deviennent la voix des anges. Un accès mystérieux et sacré, comme la fontanelle des nouveaux-nés.
L.R. : Dans votre album Renaissance (2025), vous interprétez « Pavana Lachrymae », une œuvre très envoûtante de William Byrd (1539-1623). Il s’agit d’une mise en musique des « Lacrimæ » (connues autrement sous le titre « Flow my Tears ») de John Dowland (1563-1626), qui incarne les raffinements de la musique élisabéthaine. Le mot « affect » est saisissant dans votre bouche lorsque vous évoquez la musique de la Renaissance. Pour quelles raisons ? Avec quelle effervescence, quel recueillement, vous êtes-vous emparée des partitions, que le virginal ou le clavecin célébraient à l’origine ?
S.D. : La musique de la Renaissance est profondément liée à un moment de bascule de l’humanité.
C’est une époque de tensions extrêmes — les conflits entre protestants et catholiques, une violence réelle — mais aussi une période où l’homme commence à se redécouvrir lui-même, à explorer ses émotions, sa place dans le monde.Dans la peinture, chez Perugino par exemple, on voit apparaître une mélancolie nouvelle, une intériorité. Et dans la musique, on passe d’une ligne monodique, comme le chant grégorien, à une polyphonie riche, multiple.
Mais cette multiplicité ne crée pas le chaos — elle crée une unité plus complexe, plus humaine.C’est pour cela que le mot « affect » est essentiel : la musique devient un espace où les émotions sont non seulement exprimées, mais structurées, pensées, presque méditées. En travaillant ces partitions, j’ai voulu aller au-delà des instruments d’époque, même si je les ai explorés. Car ce qui me semble fondamental, c’est que le langage musical dépasse son support.
Comme pour Bach : joué au clavecin, à l’orgue ou au piano, ce qui demeure, c’est la puissance de l’écriture, la profondeur du langage. Cette musique est infinie parce qu’elle touche à quelque chose d’essentiel.
L.R. : Vous êtes issue de la pensée des Lumières, notamment à travers l’idée de la beauté, de la puissance de la nature que vous respirez pleinement. Vous dites souvent que la musique est un lien pour se connecter à l’universalisme, qu’elle est une lutte contre l’obscurantisme. Nous offririez-vous quelques souvenirs d’émerveillement que votre métier a permis ?
S.D. : Jouer en prison, notamment auprès de détenus de longue peine, a profondément confirmé en moi que l’art est une réponse à l’obscurantisme.
Je me souviens de Schubert résonnant dans ces couloirs sombres. Et soudain, quelque chose s’ouvrait. Les détenus ont écrit des textes bouleversants après les concerts. Ils entraient dans une forme de méditation sur leur vie, leurs erreurs, leurs regrets, leurs rêves.
Ils m’ont dit que cela leur redonnait un visage humain. Et je crois profondément que c’est cela que fait l’art : l’Art humanise.
De la même manière, lorsque j’ai joué pour des personnes en fin de vie, j’ai vu la musique accompagner quelque chose d’indicible. Une douceur, une profondeur apparaissaient sur leurs visages. Debussy, Grieg… devenaient comme une présence, presque une passerelle.
Dans ces moments-là, il n’y a plus de langage, plus de barrière culturelle ou sociale. Il ne reste que l’humain, dans sa vérité la plus nue.
Et la musique comme miroir.
L.R. : En 2022, paraît votre disque très singulier « L’album Proust », avec une considération particulière portée à Reynaldo Hahn (1874-1947) qui a partagé amour et amitié avec Marcel Proust. Comment avez-vous incarné votre « restitution » de la « Sonate de Vinteuil », cette œuvre musicale fictive pour piano et violon plusieurs fois évoquée tout au long de À la recherche du temps perdu de Proust ? Comment transgresser pour se sentir à la fois dans une certaine articulation de la proximité, et de l’écart ? Qu’espériez-vous à travers cette (dé)marche vers le mystère ?
S.D. : Je n’ai pas eu le sentiment de transgresser, mais au contraire de rechercher une vérité à travers les éléments qui complétaient ma vision de la sonate de Vinteuil.
En effet, il s’agit d’une œuvre mystérieuse qui aurait des résonances avec des extraits de Beethoven, notamment l’opus 111, mais aussi avec la musique de Saint-Saëns ou la sonate de Franck. J’ai essayé de me souvenir de l’atmosphère de l’âge d’or, de la musique française, de l’esprit des salons où femmes et hommes échangeaient à travers les plus belles pages musicales.
J’ai donc imaginé une sonate de Vinteuil avec des figures comme la compositrice Cécile Chaminade ou encore Ysaÿe, qui étaient des figures majeures de cette époque. Ce n’est donc pas une transgression, mais plutôt une vision moderne d’une époque faste, à l’aube d’un siècle déjà décadent et sombre.
L.R. : La mélancolie fait partie de votre inspiration. L’Occident a très longtemps été occupé, et de manière continue, par cette disposition de l’âme. La mélancolie n’est ni seulement cause de souffrance ni de folie. Quelle désignation pourriez-vous en faire ? Si la mélancolie est l’un des sujets favoris des artistes au début de la Renaissance, quelles œuvres vous ont illuminée ?
S.D. : La mélancolie de Dürer représente toute sa complexité : cet être presque angélique, qui réfléchit au monde, alors qu’autour, les symboles du tableau représentent des cercles parfaits, une forme de géométrie de la finitude, comme une surconscience du monde qui mène à la mélancolie. Je crois que c’est un sentiment indissociable de la quête, car on ne peut que constater la fragilité de l’humain, l’éphémère de sa vie et l’équilibre délicat de la nature.
La mélancolie est essentielle pour moi. Elle nous ramène à une forme de lucidité.
L.R. : Que vous inspire ce haïku de Bashô ?
L’ermitage de Saïgyo
doit être quelque part
dans ce jardin de fleurs
S.D. : J’aime profondément les haïkus.
Ils contiennent l’infini dans l’infime. Une éternité dans un instant.
Dans ce poème, je vois un jardin — presque un jardin zen — où, entre les fleurs, se déploie une quête spirituelle sans fin. L’ermitage n’est peut-être pas un lieu précis, mais un état intérieur, un accès à la méditation.
C’est quelque chose que je ressens aussi en musique : tout se joue entre les notes. Dans ces espaces invisibles, silencieux, l’infini peut apparaître.
L.R. : En 2020, est paru votre disque Cosmos – Beethoven & indian ragas. Beethoven vous a fascinée, lequel recopiait dans ses carnets des textes mystiques venus de l’Inde : les « Upanishad », dont il surlignait certains mots s’agissant de l’Homme et du Cosmos. Vous avez imaginé une expérience spirituelle unique, accompagnée par le cithariste Nehbood Nadeem, le tabliste Mitel Purohit. Quelle célébration en gardez-vous ?
S.D. : La célébration de l’universalité.
La découverte que la forme de la sonate chez Beethoven pouvait entrer en résonance profonde avec celle des ragas indiens a été une révélation.
Cela m’a montré que, au-delà des cultures, il existe des structures communes, des élans similaires, une même aspiration vers l’élévation. L’échange musical, avec les musiciens indiens, a rendu cette évidence sensible.
C’est dans cette rencontre que l’universalité devient réelle, presque tangible.
L.R. : Comment vagabonderiez-vous sur cette citation de María Zambrano ? « [Les Dieux] ne sont divins que dans la lumière ; auparavant ils étaient cela auquel le seul nom de « sacré » semble donner un peu de clarté. Car le sacré est obscur, ambigu, ambivalent, lié à un lieu. Le sacré n’est maître ni de l’espace ni du temps ; il est le fond obscur de la vie : secret, inaccessible. L’arcane. »
S.D. : Je crois que le divin est présent autant dans la lumière que dans l’obscurité. L’obscurité n’est pas seulement ce que l’on doit fuir : elle est aussi ce que l’on doit traverser. Elle nous oblige à faire face à nos contradictions, à nos zones d’ombre, à ce qui en nous résiste ou vacille.
Le divin, dans ce sens est une présence subtile qui se glisse entre nos pensées, dans nos gestes, dans nos silences. Je crois que c’est dans l’acceptation de nos fragilités, autant que de nos forces, que peut se trouver une forme d’alignement. Et peut-être, là, une justesse.
Ne pas refuser l’obscurité, mais la regarder, la traverser, la combattre — sans jamais s’y perdre. Le divin, pour ceux qui y croient, accompagne ces chemins-là. Tous les chemins.
L.R. : Votre album Pulse (2023) rend hommage à la musique hypnotique des plus grandes figures de la musique minimaliste : John Adams, Terry Riley, Philip Glass, John Cage, Moondog. On y retrouve aussi, entre autres : Daft Punk, Keith Jarrett, Meredith Monk. Quelle révélation pourriez-vous nous en faire ? Quant à votre propre composition « Shimmers », comment l’avez-vous honorée, vous, qui vous êtes refusée pendant tant d’années à la composition ?
S.D. : L’émergence des minimalistes a été capitale dans l’histoire de la musique du XXe siècle. En effet, elle émerge de la guerre du Vietnam, d’un idéal, après une période de fort consumérisme et d’une quête de sens.
C’est aussi le moment où les États-Unis s’ouvrent vers le monde. Ils rencontrent par exemple la musique indienne, sa spiritualité comme chez Philip Glass ou John Adams.
Chaque mouvement musical est marqué par une période forte de l’histoire. Ainsi, les minimalistes ouvrent une voie nouvelle, épurée, proche de la méditation et de l’introspection.
Je crois profondément que la musique répond à des besoins profonds de l’humanité. Cette période fut une révélation pour moi, car je n’avais aucune idée de cette accointance avec la spiritualité indienne, moi qui étais issue d’une éducation européenne et de l’école allemande du piano.
Cela a complété ma pensée de façon profonde tout en gardant la structure de la pensée européenne. La musique permet ainsi de traverser les continents des États-Unis à l’Europe jusqu’au continent indien et asiatique.
Ma conviction que l’art est universel n’en est que plus renforcée.
L.R. : Après avoir publié poèmes et aphorismes dans Canopées (2018), Les silences de Schubert (2022), paraît ce mois-ci (avril 2026) Du spirituel dans l’Art et dans la Musique en particulier (toujours aux éditions Art 3 Galerie Plessis), à la croisée de l’essai philosophique et du témoignage artistique. Comment avez-vous nourri cette nouvelle création littéraire ? Comment vous y êtes-vous engagée jusqu’à nous la livrer ?
S.D. : Ce troisième livre est le fruit de dizaines d’années de réflexion sur la pédagogie, sur le sens de la musique, sur les maîtres que j’ai rencontrés et qui pour la plupart ont disparu.
Étant invitée de plus en plus à donner des masterclasses et pour la transmission des jeunes générations, il me semble essentiel de transmettre l’héritage que j’ai reçu de ces grands maîtres qui eux-mêmes ont reçu cette oralité sacrée depuis des siècles.
Il y a dans ce livre une approche philosophique de la musique et de l’art avec un hommage assumé à Kandinsky, qui voit l’art comme une passerelle entre le visible et l’invisible.
Ce livre est composé de méditations alternant avec des récits. Il représente mon approche de l’interprétation et de la transmission de l’art. Comment l’art devient aussi une forme de résistance en ces temps d’obscurité.
